Comparaison — solide ou liquide

Savon solide ou liquide : ce que dit le calcul

Le calculateur de coût exclut les savons solides : un pain ne se convertit pas en litres. La question mérite pourtant une réponse chiffrée, et elle ne tourne pas systématiquement à l'avantage du liquide.

3 usages

Une savonnette de 30 g est utilisée deux à trois fois, puis jetée. C'est ce qui plombe son bilan, pas son prix d'achat. Le pain de 200 g, lui, se garde d'un séjour à l'autre — et change complètement le calcul.

Établissement
Savonnette 30 g

Renouvelée à chaque arrivée, jetée au départ quel que soit son état.

Pain 200 g

Un pain reste en place d'un client à l'autre. Sur des séjours courts, il tient longtemps.

Gel douche rechargeable

Un exemple chiffré, sur les valeurs par défaut

Le calculateur ci-dessus part d'un établissement de 80 chambres à 70 % d'occupation, 1,8 nuit de séjour moyen — soit 20 440 nuitées et 11 356 séjours par an — avec une savonnette à 0,70 €, un pain de 200 g à 6,50 € remplacé tous les 12 séjours, et un gel douche rechargeable à 8 €/L pour 10 ml consommés par nuit.

Coût annuel HT à périmètre d'usage identique — 80 chambres, 70 %, 1,8 nuit
FormatCoût / anPar chambre occupéeUnités / anDéchet / an
Savonnette 30 g7 949 €0,39 €11 356 savonnettes341 kg
Pain 200 g6 151 €0,30 €946 pains189 kg
Gel douche rechargeable1 635 €0,08 €204 Lcontenant réutilisé

Sur ces hypothèses, le rechargeable coûte environ quatre fois moins que le pain de 200 g et près de cinq fois moins que la savonnette. La raison n'est pas le prix d'achat : c'est que le solide se distribue par séjour tandis que le liquide se consomme par nuit. Un client d'une nuit reçoit une savonnette entière et utilise 10 ml de gel.

Ce rapport s'inverse quand les séjours s'allongent. À prix inchangés, le pain de 200 g rattrape le gel rechargeable autour de 6,8 nuits de séjour moyen :

Coût annuel selon la durée moyenne de séjour, autres paramètres inchangés
Séjour moyenSavonnettePain 200 gGel rechargeableLe moins cher
1 nuit14 308 €11 072 €1 635 €Gel
1,8 nuit7 949 €6 151 €1 635 €Gel
3 nuits4 769 €3 691 €1 635 €Gel
5 nuits2 862 €2 214 €1 635 €Gel
7 nuits2 044 €1 582 €1 635 €Pain 200 g

Autrement dit : sur un hôtel urbain, le solide est un choix d'expérience ou de positionnement, pas un choix budgétaire. Sur une résidence ou un établissement de long séjour, il devient défendable sur les deux plans à la fois.

Chiffres produits par le calculateur ci-dessus, sur ses valeurs par défaut. Les prix d'achat et le nombre de séjours par pain sont des hypothèses de marché : remplacez-les par les vôtres, la conclusion peut changer.

Le savon solide a-t-il encore sa place en hôtellerie ?

Oui, mais rarement sous la forme où on le trouve le plus souvent. La savonnette de 30 g au lavabo est le format le moins défendable des trois : elle est utilisée deux ou trois fois, jetée entière au départ du client, et celle que le client emporte finit humide au fond d'une trousse de toilette avant d'être oubliée. Le geste plaît, le bilan est médiocre.

Le pain de 200 g change la donne, mais seulement face à la savonnette. Il reste en place d'un séjour à l'autre, s'amortit sur des dizaines de clients, et n'a besoin ni de support mural ni de recharge : il coûte environ 20 % de moins que la savonnette sur les valeurs par défaut. Face au gel douche rechargeable, il reste nettement plus cher tant que les séjours sont courts — le solide se consomme par séjour, le liquide par nuit. Le calcul ci-dessous le montre, et l'inversion n'arrive qu'au-delà de six à sept nuits de séjour moyen.

Le savon solide échappe-t-il à l'interdiction de 2030 ?

Seulement s'il est présenté sans emballage individuel jetable. C'est la distinction qui compte, et elle ne recoupe pas celle entre solide et liquide.

Le règlement européen (UE) 2025/40 interdit, à partir du 1er janvier 2030, la mise sur le marché des emballages à usage unique destinés aux produits cosmétiques et d'hygiène conçus pour une réservation individuelle. Son annexe V, point 5, cite explicitement parmi ses exemples les « sachets pour savonnettes ». Une savonnette de 30 g sous sachet, renouvelée à chaque arrivée, est donc visée au même titre qu'une fiole de shampoing — le fait qu'elle ne contienne pas de liquide n'y change rien.

À l'inverse, un pain présenté nu sur un porte-savon ne comporte aucun emballage à usage unique : il n'y a rien à interdire. C'est une lecture directe du texte, qui reste à confirmer par les lignes directrices de la Commission attendues pour février 2027.

Autrement dit, le format qui sort du champ n'est pas « le solide » mais « le solide non emballé » — c'est-à-dire précisément le pain de 200 g que le calcul ci-dessus désigne déjà comme le plus défendable des trois. Les deux raisonnements convergent, ce qui est commode, mais ils restent indépendants : le pain de 200 g était le meilleur choix économique avant d'être le seul hors champ. Le texte, les dates et les sources →

Le solide est-il plus écologique ?

Sur le contenant, oui : pas de flacon, pas de pompe, un emballage papier léger. Sur le produit lui-même, la comparaison est moins tranchée qu'annoncé, et elle dépend de la formulation. La différence défendable sans données supplémentaires porte sur l'emballage évité et sur le produit non jeté — deux choses mesurables. Les mesurer, en litres et en kilos →

Pourquoi le solide ne remplace-t-il pas le liquide ?

Parce qu'ils ne couvrent pas les mêmes usages. Un pain de savon remplace un gel lavant mains au lavabo, et éventuellement un gel douche. Il ne remplace ni un shampoing, ni un après-shampoing, ni une lotion corps. Un établissement qui passe au tout-solide réduit sa prestation, ce qui est un choix — mais un choix de positionnement, pas d'économie.

Et l'hygiène d'un pain partagé entre clients ?

C'est l'objection principale, et elle est légitime en perception même quand elle l'est peu en pratique. Deux réponses : un porte-savon drainant qui évite le pain détrempé, et une règle de remplacement écrite dans la procédure d'étage. Sans procédure, chacun improvise et le format se retourne contre vous.

Que faire des savons entamés ?

Des filières de collecte et de recyclage de savons hôteliers existent et fonctionnent. Elles ne rendent pas la savonnette de 30 g pertinente sur le plan économique, mais elles traitent honnêtement ce qui en sort. À examiner si vous conservez ce format pour des raisons de service.

Méthodologie

Les trois options sont ramenées au même dénominateur : le coût par chambre occupée, sur le même périmètre d'usage (se laver le corps et les mains).

  • La savonnette est comptée une par arrivée, jetée au départ.
  • Le pain 200 g est amorti sur le nombre de séjours que vous indiquez : c'est l'hypothèse la plus sensible du calcul, à corriger par un relevé réel.
  • Le gel douche est compté au volume réellement consommé par nuit.
  • Le calcul ignore la main-d'œuvre, comparable entre les trois, et le coût des supports.

Dernière mise à jour :